Écrit le par dans la catégorie Analyses, Coup de bordure.

Pour notre plus grande tristesse le Tour de France 2017 vient de s’achever, il faudra faire preuve de patience avant le départ de Vendée dans onze longs mois. Mais maintenant il est temps de dresser le bilan de ces trois semaines de course. Entre révélations, déceptions, résurrections et les nombreuses chutes, la hiérarchie n’a pas tout à fait été respectée. Certaines équipes peuvent quitter les routes françaises satisfaites, chez d’autres les coureurs risquent de se faire remonter les bretelles dans les jours qui viennent.

FDJ : 22e du classement par équipes – Neutre

Avec seulement trois coureurs à l’arrivée de ce Tour de France, la formation de Marc Madiot a évidemment souffert en fin de Tour. Molard, Cimolai et Le Gac devaient se sentir bien seuls les derniers jours. Le grimpeur de l’équipe, Thibaut Pinot, est lui passé complètement au travers de son Tour de France, épuisé par son Giro. Le Franc-Comtois a fini par renoncer lors de l’étape du Galibier. Mais ce qu’on retiendra de ce Tour de France sera certainement le maillot tricolore, Arnaud Démare ayant connu des hauts et des bas. Deuxième à Liège, sixième à Longwy (sur une arrivée en côte), il a finalement pu lever les bras lors de l’arrivée à Vittel, devenant ainsi le premier Français vainqueur d’un sprint massif sur le Tour depuis Jimmy Casper en 2006 ! De nouveau deuxième à Troyes, le picard a ensuite vécu une véritable descente aux enfers. Diminué le champion de France a traîné sa peine en queue de peloton pendant quelques jours. Puis la terrible étape du Mont du Chat lui a été fatale, à lui ainsi qu’à ses « anges gardiens » Guarnieri, Konovalovas et Delage, tous les quatre mis hors délais.

Team Dimension Data : 21e du classement par équipes – Satisfaisant

Axé sur les sprints, le Tour de France de la Dimension Data aurait pu tourner au calvaire dès la quatrième étape et l’abandon de Mark Cavendish, imité rapidement par Renshaw. Heureusement leurs coéquipiers ont tenus bons. Certains en ont même profité pour récupérer quelques libertés. On pense notamment à Edvald Boasson Hagen qui a retrouvé des facultés de sprinteur qu’on lui pensait disparues. Passé à quelques millimètres de la victoire à Nuits-Saint-Georges, le norvégien a su garder le moral pour abattre une autre carte en fin de Tour : celle de l’échappée. Lors de la dix-neuvième étape le nouveau leader de l’équipe sud-africaine s’est glissé dans le groupe de tête alors qu’il pouvait espérer s’imposer au sprint en l’absence de son bourreau de la septième étape. Mieux encore il s’est permit de se débarrasser de ses compagnons d’échappée pour aller s’imposer en solitaire à Salon-de-Provence. La Dimension Data s’est également illustrée en montagne mais avec moins de réussite. Stephen Cummings fut le dernier rejoint vers Peyragudes tandis que Pauwels s’est illustré dans le Galibier. Ce dernier est même allé chercher une place dans les vingt premiers du classement général. Alors certes on est loin de la moisson de victoires attendue avec le Cav, mais ses coéquipiers ont fait mieux que limiter les dégâts sans leur leader.

Bahrain – Mérida : 20e du classement par équipes – Très décevant

Voici une autre équipe qui s’est rapidement retrouvée orpheline de son leader, le Basque Ion Izagirre contraint à l’abandon dès le contre la montre inaugural. Contrairement aux sud-africains, les bahreïnien n’ont pas su remonter la pente. Le sprinteur Sonny Colbrelli aurait pu être une bouée de sauvetage, mais l’italien a été plus visible sur les sprints intermédiaires que dans les arrivées d’étape. Ce Tour de France a donc été un véritable chemin de croix pour les coéquipiers de Vincenzo Nibali. Ils ont pu montrer le maillot en échappée, mais sans y jouer un grand rôle. Le classement général n’aide pas à embellir le bilan de l’équipe avec la quarante-cinquième place de Janez Brajkovic.

Team Katusha Alpecin : 19e du classement par équipes – Décevant

L’équipe à licence Suisse a souffert sur ces trois semaines, sans victoire d’étape et avec pour meilleure position au classement général la trente-et-unième place du Croate Robert Kiserlovski. Son sprinteur Norvégien Alexander Kristoff était en dessous du niveau attendu, malgré une seconde place dans le sprint décousu de Vittel. Sa blessure à l’épaule consécutive à sa chute en troisième semaine n’a pas arrangé sa situation. Reste Tony Martin, champion du monde du contre-la-montre qui espérait également ramener au moins un bouquet. Mais le Panzerwagen n’est plus aussi impérial que par le passé, et il a dû se contenter de deux quatrièmes places lors des deux épreuves chronométrées de ce Tour de France. L’allemand a également tenté un audacieux raid solitaire vers le Puy-en-Velay, mais il n’est plus aussi bon que ces dernières années quand la route s’élève, et il n’a rien pu faire face aux grimpeurs comme Barguil et Mollema. Au moins auront-ils la satisfaction de finir ce Tour de France à neuf.

Bora – Hansgrohe : 18e du classement par équipes – Satisfaisant

Comme beaucoup d’équipes la Bora s’est retrouvée démunie en fin de première semaine, après l’expulsion de Peter Sagan et l’abandon de Rafal Majka. Heureusement avant son sprint houleux de la quatrième étape le slovaque a eu le temps de claquer une première victoire d’étape à Longwy, assurant ainsi le service minimum. Après seulement neuf étapes, c’en était déjà fini des rêves de maillot vert et du top 10 final. Rüdiger Selig, habituel poisson-pilote du champion du monde, a assuré la relève sur les sprints, et s’il n’a pas eu la réussite de Boasson Hagen, l’allemand a tout de même accroché quelques places d’honneur, avec en point d’orgue la quatrième place à Bergerac. Du côté du classement général c’est son compatriote Emmanuel Buchmann qui a pris la tête de l’équipe. L’ancien champion d’Allemagne s’en est assez bien sorti avec la quinzième place finale, et la troisième du classement des jeunes, même s’il n’était pas au niveau de Meintjes et Yates. Enfin n’oublions pas la victoire légèrement inattendue de Maciej Bodnar lors de la dernière épreuve contre-la-montre. En résumé, comme chez Dimension Data, les habituels équipiers ont fait bien mieux que simplement limiter les dégâts.

Team Lotto Nl – Jumbo : 17e du classement par équipes – Très satisfaisant

Une équipe qui avait plusieurs cartes à jouer au départ de ce Tour de France, et ce dans plusieurs domaines. La principale tête d’affiche de l’équipe néerlandaise est son sprinteur Dylan Groenewegen qui pouvait espérer lever les bras. Il lui a manqué un petit quelque chose pour devancer le bolide Marcel Kittel à Pau. L’ancien champion des Pays-Bas s’est ensuite bien rattrapé en triomphant sur la plus prestigieuse des étapes, sur les Champs Elysées au terme d’un impressionnant sprint malgré le vent de face. Robert Gesink et George Bennett pouvaient espérer de belles choses en montagne, mais comme beaucoup la Lotto Jumbo a été frappée par la malchance. Le premier a dû renoncer sur la terrible étape de Chambéry, quelques heures seulement après avoir pris la seconde place à la Station des Rousses. Quant-au second, il était bien parti pour réaliser la meilleure performance néozélandaise dans l’histoire du Tour, et était en course pour le top 10 lorsqu’il a dû renoncer à son tour pour maladie. Ces désillusions ont finalement été compensées par la victoire Primoz Roglic. On attendait le Slovène sur les chronos ou en moyenne montagne, mais c’est sur les pentes du Galibier à plus de 2600 mètres d’altitude qu’il a déposé Atapuma et Contador pour aller s’imposer à Serre-Chevalier.

Cofidis, Solutions Crédits : 16e du classement par équipes – Décevant

L’équipe nordiste vient de clôturer son neuvième Tour de France consécutif sans une seule victoire d’étape, alors qu’ils en avaient enlevé huit sur les neufs Tours précédents. Au vu de leur effectif, la réussite du Tour de la Cofidis, et même de la saison en générale, dépend essentiellement des performances de Nacer Bouhanni qui a quelque peu déçu. Certes le vosgien a enfin achevé sa première Grande Boucle, mais toujours sans victoire. L’ancien champion de France a cumulé plusieurs places d’honneurs, mais sans jamais la mettre au fond. Parfois gêné par d’autres sprinteurs, d’autres fois simplement trop juste pour déborder ses adversaires, Bouhanni n’a pas réussi à sortir du lot dans le plateau de sprinteurs très relevé de ce Tour de France. Il a particulièrement souffert dans les Alpes, a moins qu’il ne souhaitait seulement imiter son grand ami Arnaud Démare en trainant quelques longueurs derrière le Gruppetto, escorté de quelques coéquipiers. Du côté de la montagne on a vu Daniel Navarro partir en échappée à plusieurs reprises, et il s’y est illustré, mais sans être suffisamment efficace pour espérer lever les bras.

Quick – Step Floors : 15e du classement par équipes – Très satisfaisant

Cinq étapes remportées par le seul Marcel Kittel, intraitable sur les sprints massifs. Ça semble suffisant pour satisfaire n’importe quelle équipe. Mais comment parler des succès de Kittel sans évoquer Julien Vermote qui a passé un bon bout de temps en tête de peloton ? Le Pourfendeur d’échappée mérite lui aussi d’être cité dans ce bilan. Mais les hommes de Patrick Lefevere ont également pu compter sur Daniel Martin pour exister au classement général. Avec sa sixième place l’Irlandais fait mieux que l’an dernier. Il a surtout été l’un des favoris les plus offensifs, ce qui lui a permit de grappiller du temps sur les étapes de montagne arrivant en descente ou sur une portion de plat. Malheureusement il était un poil trop faible en haute montagne pour atteindre le top 5. Peut-être aurait-il pu compenser ces légères faiblesse et aller cueillir Aru en troisième semaine avec une équipe plus solide à ses côtés, ou même une équipe à ses côtés tout court qui aurait pu lui éviter la bordure de Romans-sur-Isère. Enfin il a aussi quelque peu manquer de chance, notamment dans la chute de Richie Porte, et il lui reste ses faiblesses contre-la-montre. Seule ombre au tableau : la chute de Marcel Kittel dans l’étape du Galibier qui le prive d’un maillot vert qui lui tendait les bras quelques jours auparavant. Nous ne saurons jamais si l’allemand aurait pu résister à la folle remontée de Michael Matthews.

Wanty – Groupe Gobert : 14e du classement par équipes – Satisfaisant

Il est difficile de juger la performance du petit poucet de ce Tour de France. Cependant on peut dire que la petite équipe Belge s’est bien débrouillée pour sa première Grande Boucle. Quelques tops 10 dans les sprints, de nombreuses échappées sur tous les terrains, notamment la journée en solitaire de Guillaume Van Keirsbulck ont égayés les trois semaines de la Wanty. L’autre Guillaume de l’équipe, le jeune Martin a également réalisé un bon Tour de France, longtemps dans le top 20 du classement général. Enfin les neufs coureurs de cette formation ont vus les Champs-Elysées, ce qui est toujours une satisfaction et était un objectif affiché au départ. Il manque peut-être seulement une victoire d’étape pour que le tout soit parfait, dommage.

Direct Energie : 13e du classement par équipes – Très Satisfaisant

Beaucoup craignait de voir une équipe très affaiblie par la non sélection de son sprinteur Bryan Coquard, mais les hommes de Jean-René Bernaudeau sont passés outre cette absence. Adrien Petit a profité du chaos à l’arrivée de la quatrième étape pour se glisser dans le top 5. Mais surtout, en l’absence d’un sprinteur ou leader à protéger l’équipe a retrouvé son ADN d’attaquant qui a fait ses grandes heures sous les appellations précédentes. Et ça a payé dès la huitième étape par le succès de Lilian Calmejane à la station des Rousses, malgré les crampes dont il était victime. L’Albigeois a continué de se montrer en échappée, notamment aux côtés de Sicard et des ancêtres que sont Thomas Voeckler et Sylvain Chavanel. Ce dernier a d’ailleurs prouvé qu’à trente-huit ans il avait toujours de jolis restes, notamment en fin de Tour avec les dixièmes places en échappé à Salon-de-Provence et sur le chrono de Marseille. Mimosa s’est même glissé discrètement à la vingt-cinquième place du général, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse.

Team Sunweb : 12e du classement par équipes – Excellent

Après la victoire de Tom Dumoulin sur le Giro, il était difficile pour ses coéquipiers de faire mieux sur les routes françaises, mais ceux-ci ont relevé le défi. Le duo Warren Barguil-Michael Matthews a tout ravagé sur son passage. Le premier a remporté le classement de la montagne, le prix de la super combativité, et deux magnifiques étapes : une étape épique le jour de la fête nationale, l’autre au sommet du mythique Izoard, devant tous les favoris. En bonus le français s’est glissé dans le top 10 final à la faveur de ses échappées, et il a récolté une immense popularité auprès du public français. Son coéquipier (et compagnon de chambre) Michael Matthews a lui aussi réalisé une superbe grande boucle avec deux étapes pour lui aussi. Il remporte également le maillot vert, sur chute de Kittel certes, mais lui et son équipe s’étaient donnés précédemment les moyens de revenir au classement sur le sprinteur allemand, là où tous leurs rivaux semblaient déjà découragés. Surtout ce qu’il faut noter c’est le travail d’équipe de la Sunweb, comme lorsque tout le monde s’est mis à la planche pour écarter Kittel du sprint à Romans-sur-Isère, ou encore lorsque Barguil a roulé pour Matthews et vice-versa.

Par Florian Dame.

Crédit Photo : Flore Buquet & Clémence Ducrot.
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Modérateurs: Geraldinho, bouri

Re: Tour de France, le bilan équipe par équipe (1/2)

Messagepar gosso » 25 Juil 2017, 17:14

Très bonne initiative ;)
Eurosport qui a depuis sombré dans la médiocrité le faisait y'a quelques temps ;)
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gosso
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Re: Tour de France, le bilan équipe par équipe (1/2)

Messagepar Floflo59250 » 26 Juil 2017, 13:07

Oui je viens de voir ça, mais c'est plus le bilan fait ici même par Vino après le Tour 2013 qui m'a inspiré :heureux:
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Floflo59250
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Re: Tour de France, le bilan équipe par équipe (1/2)

Messagepar Médé33 » 26 Juil 2017, 18:37

Sans remettre en question la bonne volonté du rédacteur, l'article est d'une médiocrité inhabituelle.
Des fautes d'orthographe, de forme ou de grammaire "S'en était fini", "Il a quelque peu manquer de chance", "Axée sur les sprints, le Tour de France de la Dimension Data", "le sprinteur Allemand"...
Quelques oublis de ponctuation et des formulations un peu maladroites également. Après c'est en s'entrainant qu'on progresse, mais ce serait bien de beaucoup se relire.

EDIT : Remarques valables également pour l'autre partie de l'article.
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Médé33
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