Écrit le par dans la catégorie Histoire, Les forçats de la route.

Dimanche dernier, la 104ème édition du Tour de France s’est achevée, comme le veut la tradition, sur les Champs-Elysées à Paris. 21 étapes, 3540 kilomètres, et un quatrième sacre pour le Britannique Christopher Froome. Après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football, le Tour de France est la troisième compétition sportive la plus suivie dans le monde. Le Gruppetto a eu la chance, le temps d’un week-end, de vivre la course de l’intérieur. Reportage.

Invités par les équipes d’Orange, nous avons passé le week-end du 15 et 16 juillet sur le Tour de France, entre Rodez et le Puy-en-Velay, bien accompagnés par d’anciens professionnels comme Charly Mottet, Patrice Esnault, Sébastien Laroche ou encore Éric Caritoux. Le Tour de France reste la Mecque du cyclisme et pouvoir le vivre de l’intérieur, en tant que passionnés, est une expérience à part entière. Non seulement nous avons eu l’opportunité de vivre une étape au cœur du peloton, mais nous avons également pu constater le défi technique et logistique que représente l’organisation du Tour de France, de la préparation de la caravane à l’installation des zones techniques.  

 

Une prouesse technologique, à la hauteur du Tour de France

 

En ce 15 Juillet, Rodez accueille l’arrivée de la 14ème étape, partie de Blagnac. Avant de profiter de la victoire de Michael Matthews, nous avons fait la rencontre d’Henri Terreaux, directeur technique d’Orange Event Solutions, qui fête personnellement son 20ème Tour de France. Après une enrichissante explication de l’ensemble du dispositif et une visite guidée des installations, le constat est simple : il s’agit d’une réelle performance technologique.

Amaury Sports Organisation (ASO) missionne Orange pour fournir l’accès internet dans la salle de presse et dans les zones de départ et d’arrivée, mais pas seulement. Les équipes d’Henri Terreaux, soit une quarantaine de salariés en itinérance durant trois semaines, doivent assurer les moyens de transmission des images du Tour ainsi que de toutes les données indispensables à la course (chronométrage, points de passages et sprints intermédiaires). Inutile de préciser que la pression pesant sur leurs épaules est maximale.

 

Le camion d’interview relié directement à la salle de presse.

 

Pour assurer ces transferts de données, des kilomètres de câbles sont tirés tout au long du parcours, permettant ainsi une retransmission intégrale de la course. De même, les 200 médias présents tout au long du Tour de France réclament à juste titre une connexion parfaite pour pouvoir relayer leurs contenus en direct. Pas moins de 3 cars régie (dont un, de secours, est uniquement utilisé en cas de panne), 8 réseaux wifi à très haut débit et 500 lignes sont nécessaires pour satisfaire l’ensemble des médias présents. À signaler que chaque jour, le ballet recommence : l’installation se fait tôt le matin avant de disparaître dans la soirée.

Et comme le Tour de France est unique, l’accès à internet à très haut débit doit également se faire au sommet de l’Izoard ou encore à la station de Peyragudes. Des préparations plusieurs mois à l’avance sont ainsi nécessaires afin que tout soit parfait le jour J. Le défi technologique est énorme mais Henri Terreaux et ses équipes s’en sortent à merveille. Aucune course au monde ne peut se vanter d’avoir la même qualité d’installation, pas même le Giro ou la Vuelta. Et si le Tour de France est aussi magique, c’est aussi grâce à cette alchimie entre la technique et la course.

 

En immersion au coeur de la course

 

A propos de course, nous avons pu vivre la 15ème étape entre Laissac et le Puy-en-Velay à bord de la voiture n°1 du Team Direct Energie pilotée par le directeur sportif Dominique Arnould. L’étape de moyenne montagne suscitait beaucoup d’attentes et elle aurait pu être l’étape décisive de ce Tour de France si Romain Bardet et Rigoberto Uran avaient su profiter de l’ennui mécanique de Christopher Froome.

 

Le vélo de Lilian Calmejane au pied du bus de la formation Direct Energie.

 

Vivre la course devant sa télévision ou sur le bord de la route est une chose, la vivre au sein d’une équipe en est une autre : la sensation d’être à la fois au plus près et au plus profond du Tour pendant environ cinq heures. Dans le cas présent, c’était notamment l’occasion d’écouter la stratégie de l’équipe qui pouvait logiquement espérer un bon résultat sur cette étape pour baroudeurs. Avec Lilian Calmejane et Romain Sicard à l’avant, tout était possible, et le suspense a duré jusqu’au col de Peyra Taillade, avant l’attaque décisive de Bauke Mollema, qui allait l’emporter quelques kilomètres plus loin au Puy-en-Velay.

Tout au long de l’étape, Dominique Arnould est en lien direct avec ses neuf coureurs grâce à l’oreillette pour leur communiquer les informations reçues par Radio Tour mais aussi pour les encourager à prendre la bonne échappée. Quant aux coureurs, ils interviennent uniquement pour réclamer un ravitaillement, encore plus important que d’habitude avec la chaleur ambiante, même passé 1000 mètres d’altitude. Dans le dernier col, le rôle de la voiture n°1 est d’accompagner Sylvain Chavanel, présent dans le groupe Quintana, jusqu’à l’arrivée. Avant cela, la voiture remonte groupe après groupe et c’est à ce moment précis que l’on ressent l’urgence de ravitailler les coureurs lâchés. La solidarité est de mise, et il est courant de ravitailler des coureurs étrangers à l’équipe.

Le sentiment qui se dégage après une telle journée, c’est une admiration encore plus forte pour chacun des coureurs présents sur le Tour. Leurs rictus de souffrance dans les passages à 14% marquent les esprits, de même que leurs efforts pour revenir dans le peloton. L’organisation pour les laisser remonter dans la file des véhicules suiveurs est tout aussi admirable, entre les motos de gendarmerie, les motos presse et les véhicules de directeurs sportifs. Un vrai spectacle mouvant qui prend place dans le décor magnifique des paysages de l’Aubrac et du Velay.

Entre savoir-faire technique et organisation itinérante, la possibilité de pouvoir suivre le Tour de France à distance paraît bluffante. Côté sportif, l’accessibilité des coureurs, leur souffrance sur les pentes ou encore la foule massée sur le bord de la route sont autant d’images exacerbées lorsqu’elles sont vécues de l’intérieur. Un savant mélange qui fait tout le succès du Tour de France finalement.

Lucas B.

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Modérateurs: Geraldinho, bouri