Écrit le par dans la catégorie Courses, Les forçats de la route.

La 75e édition de Paris-Nice s’est achevée dimanche par la victoire de Sergio Henao pour deux minuscules secondes (plus petit écart de l’histoire de l’épreuve) sur Alberto Contador. Mais au-delà de cette cinquième victoire de la Sky sur les six dernières éditions, il y a beaucoup d’enseignements à tirer de ces huit jours de course. Tandis que certains s’affirment comme de solides leaders pas forcément attendus, d’autres montrent les crocs à quelques jours de Milan-San Remo. Si certains jeunes espoirs confirment leur immense potentiel, certain coureurs en fin de carrière prouvent qu’ils gardent de beaux restes. Si vous n’avez pas pu suivre la course nous vous proposons ici un petit point sur les faits marquants et les éléments à retenir de ce Paris-Nice cuvée 2017.

Confirmation d’Arnaud Démare : Enfin ce n’est pas vraiment une confirmation, tout le monde connaissait déjà le talent du coureur Picard bien avant ce Paris-Nice. Néanmoins il a prouvé que sa victoire à Milan San Remo l’année dernière n’avait rien d’un coup de chance. Mieux, il s’est imposé sur une première étape digne d’une classique flamande en devançant quelques-uns des meilleurs coureurs de classiques au monde (Alaphilippe, Kristoff, Gilbert, Gallopin …) puis s’est montré constant sur les sprints suivants (3e, 6e et 2e) montrant ainsi sa bonne forme. Démare se pose ainsi comme l’un des favoris à sa propre succession sur Milan-San Remo.

Julian Alaphilippe, auteur d’une semaine remarquable, en jaune ici sur les pentes du Mur de Fayence.

Colbrelli en forme : Un autre coureur qui se positionne pour la plus longue classique du calendrier est le sprinteur de Bahreïn. Sa large victoire lors de la 2e étape en ayant lancé son sprint contre le vent (face à quelques uns des meilleurs sprinteurs du monde) et sa 4e place à Nice (après avoir fait parti de l’échappée du jour) sont des signaux positifs sur l’état de forme de celui qui compte déjà deux top 10 à San Remo. Les Capi ne devraient pas faire peur au 3e de la dernière Amstel Gold Race, ce qui fait un atout de plus dans la besace de l’Italien. Il bénéficiera du soutien d’une équipe Bahreïn qui compte également dans ses rangs Giovanni Visconti et Enrico Gasparotto.

Julian Alaphilippe : Maillot jaune trois jours durant, Alaphilippe a longtemps fait parti des prétendants à la victoire suite à sa seconde place sur l’étape d’ouverture. Julian termine finalement la course au soleil à la 5e place (avec le classement par point et celui des jeunes). On le savait excellent puncheur, il s’est également montré à son avantage dans les bordures et très efficace sur le chrono, certes un peu spécial, qu’il a remporté. Si Alaphilippe a perdu Paris-Nice dans le col de la Couillole, il n’y a pas non plus été ridicule puisqu’au sommet il prend la 14e place. Le puncheur de la Quickstep a élargi son champ d’action et est désormais un candidat légitime à la victoire sur des courses d’une semaine. Il reste pourtant à Julian quelques progrès à faire en haute montagne pour espérer remporter un jour le Tour. A moins qu’il ne se consacre exclusivement aux classiques ?

Kittel-Coquard : Si Démare, Colbrelli, Bennett et Greipel ont chacun remporté une étape, quelques-uns de leurs camarades sprinteurs ont déçus. Si Nacer Bouhanni a renoncé au cours de la seconde étape, les déceptions viennent surtout de Marcel Kittel et Bryan Coquard. Leurs équipiers ont souvent emmené le peloton dans les premières étapes … pour pas grand-chose. L’Allemand ayant fini au mieux 4e d’étape et le Français seulement 8e. Les deux hommes départagés à coup de millimètres à Limoges ont été très loin de leur niveau. Le jeune coureur de la Direct Energie n’a d’ailleurs toujours pas enlevé la moindre victoire en World Tour. Il leur faudra rapidement rectifier le tir pour garder la confiance.

Toujours vivant, toujours debout : Beaucoup de monde avait enterré Alberto Contador après ses échecs sur le Tour et la Vuelta 2016. Pourtant le Pistolero a su tirer une nouvelle cartouche manquant sa cible de très peu. S’il a échappé aux chutes l’Espagnol a fait preuve d’une relative malchance, cumulant les places de second lors des 4e, 7e et 8e étapes ainsi qu’au général. Très costaud dans les étapes clés, c’est finalement sur le plat, dans les bordures de la première étape, que le nouveau leader de la Trek a perdu ce Paris-Nice 2017. Malgré une nouvelle défaite pour deux minuscules secondes il y a de nombreuses raisons de se satisfaire de la performance de l’Espagnol et de se rassurer sur ses capacités physiques, notamment en montagne. Notons que dans le col de Couillole Contador a distancé Daniel Martin, Illnur Zakarin, les frères Izagirre et surtout Sergio Henao. Avec le soutien de Jarlinson Pantano il a même éparpillé l’ensemble de ses adversaires dans le col de Peille. Cette attaque à 50 kilomètres de Nice prouve qu’il n’a pas renoncé à son panache. Cela ne promet que du bon pour la suite de la saison.

Le groupe du vainqueur final Sergio Henao dans les rues de Nice lors de la dernière étape.

Le cyclisme Français au sommet : 2 victoires d’étape, 3 coureurs dans le top 10, les classements par point, des jeunes et de la montagne, les coureurs tricolores ont brillé tout au long des 8 jours de course. Le ton a été donné dès l’arrivée au Bois-d’Arcy où Arnaud Démare a devancé Julian Alaphilippe. Le Picard s’est ensuite montré dans les sprints alors qu’Alaphilippe lui chipait le jaune en haut du Mont Brouilly après y avoir remporté le chrono. Chrono qui permit au passage à Tony Gallopin de se glisser provisoirement en seconde position du général, avant de reculer jusqu’à la 10e place suite à l’étape de Couillole. Enfin n’oublions Warren Barguil, le Breton accroche une jolie 8e place finale alors qu’il n’était (de son propre aveu) par au top de sa forme. Les Français se sont montré un peu partout : dans les bordures, les échappées bien-sûr, les sprints, le chrono, les vallons et se sont vaillamment accrochés en montagne. C’est d’ailleurs sur ce terrain que l’on a pu voir Pierre Latour, 7e au sommet du col de Couillole après une échappée en début de semaine. Latour a apporté un rayon de soleil à son équipe AG2R meurtrie par la mise hors-course de Romain Bardet suite à la première étape.

Pour finir il faut se souvenir d’une dernière chose. Ce 75e Paris-Nice était la dernière course par étape commentée par Thierry Adam sur France Télévision. Celui qui a débuté sur la moto du Tour en 2001 et est passé en cabine en 2007. Que nous l’apprécions ou pas, c’est un grand changement qui va s’opérer pour ceux qui suivait le cyclisme sur France Tv avec l’arrivée d’Alexandre Pasteur.

 

Article par Flo ( Floflo59250 ); crédit photo Clémence Ducrot

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Modérateurs: Geraldinho, bouri