Écrit le par dans la catégorie Courses, Les forçats de la route.

La saison sur route reprend loin du vieux continent ! Le 18 janvier s’élanceront ainsi la Tropicale Amissa Bongo, au Gabon, mais également le Tour de San Luis. La course argentine fêtera d’ailleurs cette année sa dixième édition. Pour cet anniversaire, certaines stars internationales telles que Peter Sagan, Nairo Quintana ou encore Vincenzo Nibali s’aligneront sur la course à étapes la plus relevée d’Amérique Latine. Focus sur cette épreuve qui ne cesse de grandir.

Créé en 2007, le Tour de San Luis se court dans la province argentine éponyme, située au centre-ouest du pays. Cette région offre à la fois un paysage montagneux, avec les Sierras Pampéennes, mais également un relief beaucoup plus plat. L’épreuve jouit d’un grand intérêt en Amérique Latine, où elle est considérée comme un mini Tour de France grâce au plateau, inédit sur ce continent, qu’elle arrive à attirer chaque année. En seulement quelques années la compétition a su se forger une belle place dans le calendrier cycliste mondiale ; revenons donc sur son histoire.

Le Tour de San Luis s’est couru au mois de janvier dès sa première année. Pour cette première la course était alors classée en 2.2 et s’est disputée sur six jours. Trois équipes européennes avaient fait le déplacement : Karpin-Galicia, Relax-Gam et Saunier Duval. Cependant c’est un local qui s’imposa : Jorge Giacinti de l’équipe chilienne Lider Presto. Deux argentins, respectivement Martin Garrido et Alfredo Lucero, remportèrent les éditions 2008 et 2009. En 2009, l’épreuve changea de dimension en intégrant la catégorie 2.1 mais également en accueillant les équipes ProTour Liquigas (avec Ivan Basso et Vincenzo Nibali), Saxo Bank (Matti Breschel) et Fuji Servetto (David De la Fuente)

En 2010 un premier non-argentin triompha en la personne de Vincenzo Nibali, qui devança José Serpa et Rafael Valls. Cette édition 2010 attira de nouvelles équipes européennes dont notamment la Katusha, Androni, Xacobeo ou Andalucia-Caja Sur.

La première participation d’une équipe française intervint en 2011 avec comme pionnière la formation AG2R La Mondiale, alors emmenée par Julien Bérard et Sébastien Hinault. Au général final, c’est le chilien Marco Arriagada qui s’imposa devant José Serpa, une nouvelle fois second.

L’épreuve connu un nouvel essor médiatique en janvier 2012 avec les participations du vainqueur 2010 Vincenzo Nibali ; de Sylvain Chavanel, Tom Boonen et Levi Leipheimer (Omega Pharma) ; de David Arroyo (Movistar) ; de Rinaldo Nocentini (AG2R) mais surtout d’Alberto Contador (Saxo Bank), ancien vainqueur du Tour de France. Pour sa course de reprise, l’espagnol remporta la cinquième étape à Mirador del Sol et se classa second du général avant de voir ses résultats annulés par le TAS. Vainqueur du contre-la-montre de 19 kilomètres autour de la ville de San-Luis, Levi Leipheimer remporta donc l’épreuve non pas devant l’espagnol mais devant Daniel Diaz et Stefan Schumacher.

L’argentin Diaz, qui s’alignera cette année sous les couleurs de Delko Marseille-Provence KTM, s’imposa en 2013 et l’an passé, une édition marquée par les présences de Daniel Moreno, Eduardo Sepulveda, Ilnur Zakarin, Alexis Vuillermoz ou encore Nairo Quintana, vainqueur d’un Tour de San Luis 2014 qui avait pu lui aussi s’enorgueillir d’une belle startlist avec les présences de Tejay Van Garderen, Alberto Contador, Jurgen Van den Broeck, Vincenzo Nibali, Michal Kwiatkowski, Domenico Pozzovivo ou Sylvain Chavanel.

Ainsi, depuis sa création en 2007, le Tour de San Luis n’a cessé de grandir et réussit désormais à attirer les meilleurs cyclistes mondiaux. Pourquoi viennent-ils donc reprendre la compétition en Argentine dès la mi-janvier ?

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Rodolfo Torres, Daniel Diaz, Nairo Quintana et Alex Diniz dans l’Alto El Amago

Le parcours proposé aux coureurs est volontairement allégé en termes de kilomètres puisque le Tour de San Luis est généralement la course de reprise d’un grand nombre de coureurs, quand bien même ces derniers ont pu s’aligner sur des cyclo-cross ou réaliser des stages durant l’intersaison.

Ainsi, les six étapes en ligne de l’édition 2016 offrent une moyenne de 150.1 km par jour ; autrement dit une distance relativement abordable pour des cyclistes professionnels. Quant au contre-la-montre par équipes proposé en ouverture le 18 janvier prochain, sa longueur de 21 km n’effrayera pas outre-mesure les équipes qui prendront le départ.

L’édition 2016 reprend les grandes lignes de l’édition 2015 avec des arrivées à Villa Mercedes (2ème étape), Cerro del Amago (4ème), Juana Koslay (5ème), Filo Sierras Comechingones (6ème) et enfin San Luis pour la 7ème et dernière étape. Quant aux villes El Durazno (première étape) et La Punta (3ème), elles recevront une arrivée d’étape pour la première fois.

Durant ces sept jours de courses les coureurs retrouveront différents types de terrain, entre les étapes pour sprinteurs (2 et 7), pour puncheurs (3 et 5) et enfin pour grimpeurs avec deux arrivées au sommet, à Cerro del Amago (4ème étape) et ses 10.5 km à 7.2% ainsi qu’à Filo Sierras Comechingones (6ème étape), une montée de 16 km à 7.8% ! Dans cette logique de ne pas proposer un parcours trop difficile ces deux étapes de montagne se limiteront à des courses de côte, ne proposant aucune difficulté au préalable. Au terme des 921.7 kilomètres de course triomphera donc un grimpeur. Voyons donc désormais les forces en présence pour cette dixième édition du Tour de San Luis.

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De nombreuses formations du gratin mondial viennent désormais en Argentine

Comme en 2015, l’édition 2016 accueillera 29 équipes composées de 6 coureurs chacune. Sept formations issues du World Tour seront présentes, accompagnées par 6 équipes Continentales Pro, 7 équipes Continentales et enfin 9 sélections nationales.

Comme elle en a pris l’habitude, l’épreuve accueillera une nouvelle fois la venue de certains hommes forts du peloton qui, comme Vincenzo Nibali, viendront chercher « l’été argentin et la compétitivité de cette course ». L’italien a ainsi fait du Tour de San Luis sa reprise annuelle, lui qui s’alignera sur l’épreuve argentine pour la sixième fois. Quant à Alexis Vuillermoz, il voit en cette course une bonne occasion de reprendre la saison et de tester sa forme avant les premières échéances européennes. L’organisation pointilleuse et l’accueil des argentins participent également grandement à la venue d’un peloton de plus en plus côté.

Pour la première fois de son histoire l’épreuve recevra ainsi la présence du Champion du Monde en titre en la personne de Peter Sagan, accompagné par son coéquipier Rafal Majka qui tentera de jouer le général. Ce ne sera pas une mince affaire pour le polonais, qui devra batailler face à une belle brochette de grimpeurs. Au niveau des anciens vainqueurs on retrouvera Vincenzo Nibali (2010), Nairo Quintana (2014) et Daniel Diaz (2013 et 2015). D’autres gros noms du cyclisme international voudront tirer leur épingle du jeu et on peut notamment penser à Andrew Talansky, Miguel Angel Lopez, Alexis Vuillermoz, Jean-Christophe Péraud, Daniel Moréno ou encore Eduardo Sepulveda.

Les trois formations françaises qui prendront le départ de cette 10ème édition auront toutes des cartes à jouer. Delko Marseille Provence KTM visera ainsi le général avec Daniel Diaz, soutenu en montagne par Rémy Di Gregorio, tout en comptant sur Yannick Martinez pour les sprints ; AG2R La Mondiale viendra avec comme principal leader Alexis Vuillermoz, accompagné notamment par Jean-Christophe Péraud ; enfin Fortunéo-Vital Concept s’appuiera sur Eduardo Sepulveda et sa recrue phare de l’intersaison, le danois Chris Anker Sorensen. Deux néo-pros français participeront à ce Tour de San Luis 2016 : Franck Bonnamour (Forunéo) et François Bidard (AG2R).

Du côté des équipes étrangères, la formation Etixx-Quick Step viendra notamment avec le local Maximiliano Richeze, qui travaillera très certainement pour la petit bombe colombienne Fernando Gaviria (photo ci-dessous), double vainqueur d’étapes en 2015. La Movistar alignera deux de ses nouvelles recrues : Daniel Moreno, transfuge de la Katusha, et Carlos Betancur, qui avait résilié son contrat le liant avec AG2R en août dernier et dont les performances seront scrutées avec attention. Enfin, les équipes Lampre et d’Italie viendront également avec certaines ambitions, qui reposeront respectivement sur Niemec et Cimolai pour la Lampre et Viviani voire Pozzato pour l’Italie.

 

Le plateau annoncé nous permettra donc de vivre à la fois des sprints disputés avec Peter Sagan, Fernando Gaviria, Davide Cimolai ou encore Elia Viviani ; mais aussi de belles étapes de montagne où s’écharperont les Majka, Nibali, Quintana, Moreno, Diaz, Talansky, Péraud et autre Vuillermoz.

 

fernando gaviria

A Juana Koslay, le jeune colombien Fernando Gaviria alignait Mark Cavendish et Sacha Modolo

Les sud-américains à suivre durant l’épreuve

Daniel Diaz (ARG) : A 26 ans, Daniel Diaz a déjà une belle petite expérience. Stagiaire en 2010 chez Footon, il restait en Europe en 2011 chez La Pomme Marseille. 4ème de Paris – Troyes et de Paris – Mantes en Yvelines, il ne convainc pas le staff de Marseille de le conserver, et retourne en Argentine, chez San Luis. C’est là qu’il commence à performer, avec d’emblée une 2ème place sur le Tour de San Luis. L’année il remporte l’épreuve devant Tejay van Garderen, mais 2014 se passe assez mal, avec le seul titre de champion d’Argentine. En 2015, sous les couleurs de Funvic, il remporte de nouveau le Tour de San Luis, avec deux succès d’étapes, au Mirador de Potrero et à l’Alto El Amago. Cette année, il retourne chez Marseille pour tenter de se relancer en Europe. Mais à coup sûr, le Tour de San Luis sera un de ses objectifs !

Fernando Gaviria (COL) : Le jeune (21 ans) colombien connait bien le Tour de San Luis pour s’y être imposé à deux reprises l’an passé et à chaque fois devant Mark Cavendish, que ce soit à Villa Mercedes ou à Juana Koslay, deux villes qui seront au programme de l’édition 2016. Depuis un an un jeu de chaises musicales eut lieu, voyant l’anglais partir pour la formation sud-africaine Dimension Data et son double tombeur rejoindre la formation Etixx – Quick Step. Entre temps, Gaviria a eu le temps d’impressionner le monde cycliste en devenant champion du monde de l’Omnium à Saint-Quentin en Yvelines en février dernier puis pendant son stage effectué avec la formation belge à partir du mois d’août dernier. Durant la fin d’année le colombien a ainsi remporté 3 victoires dont 2 individuelles, se payant notamment le luxe de devancer André Greipel et Edvald Boasson-Hagen lors d’une étape du Tour de Grande-Bretagne. Le colombien se sait très attendu et aura à cœur de rééditer dès le début de saison ses résultats de l’an dernier.

Sergio Godoy (ARG) : De la même génération que Daniel Diaz, il a mis plus de temps avant de performer. C’est en 2011 qu’il commence à se faire remarquer sur le plan international, avec une 2ème place sur le Tour du Chili. 6ème en 2012, il n’arrive toujours pas à briller sur le Tour de San Luis (alors qu’il porte les couleurs de l’équipe local). En 2014 en revanche il termine 3ème, grâce à de bonnes performances de puncheur. S’il avait bien débuté 2015 avec une 8ème place au Mirardor de Potrero, il a été contraint à l’abandon par la suite, et n’a pas pu confirmer. Présent sous les couleurs de San Luis cette saison, il sera un des hommes à suivre pour la victoire.

Juan Carlos Rojas (CRC) : Quand on parle cyclisme et Costa Rica, on pense surtout à Andrey Amador. Mais le Costa Rica offre une belle scène cycliste locale, dont le point d’orgue est la Vuelta a Costa Rica, épreuve montagneuse s’il en est. Et s’il y a un spécialiste de cette course, c’est bien Juan Carlos Rojas, vainqueur en 2005, 2010, 2013, 2014 et 2015 ! A ajouté aussi, le Tour du Guatemala 2006 et 2009 (suite au déclassement d’un concurrent). A 34 ans, Rojas ne peut pas vraiment espérer aller poursuivre sa carrière en Europe. Mais briller sur le Tour de San Luis lui permettrait au moins d’ajouter une belle ligne à son palmarès déjà fourni …

De la tradition de la fratrie chez les sprinteurs argentins : Au départ de l’épreuve, on annonce (provisoirement) trois noms connus en Argentine : Haedo et Richeze. Deux noms de famille qui raisonne dans le cyclisme argentin, et même international. Chez les Haedo, il ne s’agit pas de Juan Jose (ex CSC / Saxo Bank), désormais retraité, mais de son frère, Lucas Sebastien. Lui aussi est passé chez Saxo Bank, et même un an chez Cannondale. Mais un peu moins talentueux que son frère, il est ensuite parti chez Skydive et Jamis pour continuer à vivre du cyclisme. L’an passé, il a décroché deux bouquets sur la Joe Martin Stage Race et sur le Tour of Gila.

Du côté de la famille Richeze, il y aura bien sûr Ariel Maximilaino, chez Etixx (transferré depuis Lampre), et qui a notamment deux étapes du Giro à son palmarès. Chez San Luis, on retrouvera un de ses jeunes frères, Mauro Abel, qui a courru avec lui chez CSF et Nippo, et qui depuis vole de ses ailes au pays. En forme, il a remporté deux étapes sur le Tour du Costa Rica. Il faut signaler que deux autres frères ont fait du cyclisme à haut niveau (mais avec moins de réussite), l’aîné Roberto Antonio (vainqueur du Trophée Princier 2010 au Maroc) et le cadet Adrian Ezequiel (ancien coureur de Nippo). Mais ils ne devraient pas être au départ cette année.

Carrefour de l’Arbre (et vino_93)

Crédit Photo : Archivolatino, Prensa Movistar Colombia (Flickr), Maximiliano Amena (Wiki Commons)
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Modérateurs: Geraldinho, bouri

Re: Le Tour de San Luis : une reprise en Argentine qui attir

Messagepar Médé33 » 14 Jan 2016, 21:44

Ca sent la jolie récolte de victoires pour Gaviria.
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Re: Le Tour de San Luis : une reprise en Argentine qui attir

Messagepar Carrefour de l'Arbre » 14 Jan 2016, 22:01

Il aura 2 possibilités, à voir. ;)
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Carrefour de l'Arbre
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